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Historique

Suivi des populations d'oiseaux marins au Svalbard

Projet Karupelv

Programmes Ecopolaris et Victoria

Travaux scientifiques

Vulgarisation

Partenaires


 

 

Trois Juillet 1973 : neuf naturalistes alsaciens âgés de 19 à 24 ans débarquent au Spitzberg pour y étudier la faune. Le GREA n’était alors qu’un groupe informel (ses statuts ne furent déposés officiellement qu’en 1978) et lorsqu’en 1975, certains de ces précurseurs accompagnés de nouvelles recrues repartirent pour une deuxième expédition au Svalbard, ce fut sous l’appellation provisoire d’ “Expédition Biologique Française”.

 

 

Suivi des populations d'oiseaux marins au Svalbard

Dès 1973, le GREA entreprit ainsi l’inventaire systématique de tous les mammifères et oiseaux de la côte Nord-Ouest du Svalbard, avec une attention particulière portée aux colonies d’oiseaux marins. Ces recensements ont été poursuivis en 1975, puis en 1978, toujours sur l’île principale de l’archipel du Svalbard : le Spitzberg. Entre temps, en 1976, le GREA a organisé une mission en Alaska avec au programme l’étude de tout un cortège d’espèces exotiques pour le naturaliste européen : plongeon à bec blanc, grue du Canada et eider à lunettes à Point Barrow en juillet, alques, macareux huppé, tourne-pierre noir et bécasseau des Aléoutes en août sur l’île Saint-Laurent, loups, grizzli et chèvre de Dall un peu plus tard dans le Parc National du Mont Mc Kinley.

En 1977, nouvelle première dans l’Arctique canadien sur l’île Bylot et autour de Pond Inlet, où plusieurs autres missions seront organisées par la suite par le GREA et le CEDMP (la dernière en date étant celle de 1996). Après un nouveau passage au Svalbard en 1978, c’est au tour du Groenland et de son parc national du Nord-Est de voir débarquer sur ses terres les biologistes bénévoles du GREA. Pour des raisons logistiques (proximité de la base danoise de Mesters Vig) et scientifiques (la zone a déjà fait l’objet de travaux ornithologiques en 1974), c’est la vallée du Karupelv qui est choisie sur l’île de Trail. Une zone d’étude restreinte est délimitée et des inventaires exhaustifs de tous les oiseaux sont entrepris.

En 1980, fort de sa première expérience de 1977, le GREA retourne en Terre de Baffin ; mission qui sera complétée en 1983 lors d’une troisième expédition canadienne.

En 1981, premier contre-temps du GREA. Après avoir longuement planifié une deuxième expédition groenlandaise, les 6 membres de l’expédition se retrouvent bloqués en Islande suite à la grève de certains fonctionnaires danois. Tous les vols vers le Groenland sont annulés et l’attente sera veine : l’expédition est annulée et remplacée par un programme de substitution en Islande où 5 personnes resteront tout l’été. Après ce semblant d’échec, il était évident que la partie serait remise en 1982 : 7 personnes se rendront cette année là au Groenland. Le sud du parc national du NE du Groenland (côte entrecoupée de larges Fjords bordés de falaises gigantesques) devient alors, avec le Svalbard, la principale destination du GREA. Après la mission de 1983 au Canada, c’est en effet à nouveau au Groenland qu’est organisée l’expédition de 1984. Une expédition ambitieuse (15 participants et un ULM) à laquelle participa le Pr. Robert Gessain, ancien compagnon de Paul-Emile Victor au Groenland et directeur du Musée de l’Homme.
En 1985 et 1986, retour au Svalbard et à ses gigantesques colonies d’oiseaux marins. Toutes les colonies de mergules, guillemots, mouettes tridactyles et pétrel fulmar sont systématiquement recensées le long de la côte Nord-Ouest du Spitzberg et ces comptages, qui firent l’objet d’une publication spécifique, servent aujourd’hui encore de référence pour bon nombre de ces colonies reculées et rarement visitées.

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Projet Karupelv

En 1987, surprise, aucune expédition n’a lieu ! Après quatorze ans d’intense activité et treize expéditions réalisées, une pause s’impose. Cet entracte, Benoît Sittler le mettra à profit pour peaufiner un projet dont les germes dataient sans doute de 1979. Il élabore un programme de recherche à long terme consacré aux vertébrés de l’île de Traill, et notamment au lemming à collier, clé de voûte de la plupart des écosystèmes terrestres dans l’Arctique.

Dès 1988, il retourne ainsi dans la vallée du Karupelv qu’il avait visitée pour la première fois en 1979, et avec 3 autres participants, débute le “Karupelv Valley Project”. Ce projet va prendre au fil des ans une ampleur internationale. Essentiellement franco-allemand (collaboration avec l’Université de Freiburg), ce projet a également accueilli de nombreux biologistes étrangers (notamment scandinaves). Devant l’intérêt du programme et la beauté de cette région également appelée “Riviera Arctique”, près de 50 naturalistes du GREA participeront à ce projet entre 1988 à 2003 et nombreux sont ceux qui y retourneront à plusieurs reprises.

L’une des caractéristiques des membres du GREA étant de vouloir découvrir sans cesse de nouveaux horizons, une nouvelle expédition est organisée en 1989 au sud du Svalbard, dans la région du Hornsund. A partir de 1989, ce sont donc deux expéditions (puis 3 ou 4 à partir de 1991) qui seront annuellement organisées par le GREA.

En 1990, 1992 et 1995, une deuxième équipe ("Ecopolaris”) entreprendra en effet la prospection des Fjords de la côte NE du Groenland, engagée en 1979, 1982 et 1984 entre MestersVig et Daneborg. Ces nouvelles expéditions, tout en conservant un volet important consacré aux oiseaux et mammifères, auront également pour objectif des travaux de botanique (inventaires, typologie des groupements végétaux, etc.) réalisés en collaboration avec l’Institut de Botanique de Copenhague.
En 1991, année faste ! En plus du désormais traditionnel KVP (Karupelv Valley Project), une équipe de “ bretons ” (dont plusieurs anciens hivernants des Terres Australes et Antarctiques Françaises) retourne au NW du Svalbard alors que deux autres membres actifs partent prospecter la région côtière sibérienne du détroit de Béring, région la plus orientale de l’Arctique sibérien, aux confins du continent eurasiatique.

Après les 2 expéditions groenlandaises de 1992, une équipe retourne sur l’île Bylot en 1993. Au cœur de la plus grande colonie d’oies des neiges, d’accès strictement réglementé, de nouveaux inventaires sont entrepris, faisant suite aux travaux de 1977, 1980 et 1983.

En 1994, c’est le voilier “Tigre Mou” spécialement conçu pour les mers polaires (type Damien II) qui est mis à profit par les membres du GREA pour réaliser la plus grande campagne de comptage des oiseaux marins du Svalbard jamais réalisée. Toutes les colonies de guillemots et mouettes tridactyles seront recensées au nord de Ny Alesund et jusqu’au détroit de l’Hinlopenstretet qui, trop éloigné de la côte ouest, n’avait jamais pu être atteint en zodiac par les précédentes expéditions du GREA. D’autres colonies ont également été recensées cette année là sur l’île du Nordaustlandet, à plus de 80° de latitude Nord. Se sont plusieurs dizaines de colonies (au total, plus de 200.000 guillemots de Brunnich et 50.000 couples de mouettes tridactyles) qui seront localisées, cartographiées et inventoriées durant les 2 mois et demi d’expédition. Plusieurs d’entre elles étaient encore inconnues avant notre passage ou n’avaient jamais été inventoriées

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Programmes Ecopolaris et Victoria

Après 1995 (deux expéditions au Groenland), 1996 a également connu deux expéditions : la 9e mission du KVP et une nouvelle “première” sur l’île Victoria dans l’ouest de l’archipel arctique canadien. Une fois de plus la chance sourira au GREA pour cette 30e mission puisqu’en plus d’excellents contacts établis avec la population autochtone, lemmings et chouettes harfangs étaient au rendez-vous aux côtés des espèces typiquement nord-américaines (bécasseau à échasse, bécasseau rousset...). Cette mission a également été l’occasion pour cette équipe de rejoindre pour la 5e fois l’île Bylot en août (pour apporter son “expertise lemmings” à un programme de recherche canadien sur les oies des neiges) et d’explorer les environs de Grise Fjord sur l’île d’Ellesmere. Quant à l’île Victoria, elle sera revisitée annuellement jusqu’en 2000.
En plus de la poursuite des programmes à long terme du KVP et de l’île Victoria, 1997 fut marqué par une expédition d’envergure dans la grande réserve naturelle russe du Delta de la Lena. En plus de l’inventaire systématique des espèces d’oiseaux et de mammifères (dont plusieurs espèces nouvelles pour la région), cette expédition pu comptabiliser les densités d’oiseaux les plus élevées jamais observées dans l’Arctique (plus de 500 oiseaux nicheurs par km_ dans certains secteurs).
En 1998, activité record pour le GREA. Quatre expéditions dont une en Alaska et le démarrage d’un nouveau programme au Groenland (Ecopolaris 1998-2002) sur les interactions prédateurs-proie, en collaboration avec les Universités d’Helsinki et de Montpellier. A l’issu des cinq ans de ce programme et bénéficiant également des précieuses informations collectées par le KVP depuis 1988, Olivier Gilg et les membres du GREA seront en mesure de proposer un modèle démographique intégrant le lemming et ses prédateurs. Ce modèle permet pour la première fois d’expliquer en détail le fonctionnement des cycles de lemmings et d’invoquer la prédation comme principale cause de ces fluctuations démographiques (fluctuations qui fascinent et intriguent les biologistes depuis près d’un siècle…).

1999 et 2000 furent consacrées à la poursuite de ces 3 programmes : Victoria, KVP et Ecopolaris.
En plus du prolongement des deux derniers programmes, 2001 fut marquée par une première expédition du GREA sur la péninsule de Taymir et le long de la rivière inexplorée (d’un point de vue ornithologique du moins) de la Popigai ; 2002 par une première expédition itinérante au Groenland à bord de kayaks. La 50e expédition du GREA enfin, en 2003, fut particulièrement symbolique puisque qu’en plus de commémorer 30 années d’activité ininterrompue, elle se rendit dans la région terrestre la plus septentrionale de notre planète (la Terre de Peary au nord du Groenland) pour y étudier, entre autre, l’une des espèces les plus rares et les plus emblématiques de l’Arctique : la mouette ivoire…

A l’exception de 1974 et 1987, une à quatre expéditions naturalistes ont donc été organisées annuellement par le GREA dans l’Arctique depuis 1973. Ces expéditions, d’une durée moyenne de 50 jours et composées la plupart du temps de 4 à 6 personnes, ont assuré au total une présence de plus de 10.000 journées/homme sur le terrain !

Les 127 “polaires” ayant pris part à ces 62 expéditions étaient français pour la plupart (les 3/4), mais également allemands, suisses, finlandais, danois, russes, américain, suédois et polonais. La moitié de ces personnes ont participé à plusieurs expédition du GREA et une grande partie d’entre elles est restée fidèle au GREA et continue aujourd’hui encore à participer régulièrement à nos activités. Comme l’indique son nom, le GREA est avant tout un “groupe” et cette fidélité est la meilleure preuve de notre dynamisme et du plaisir que nous avons à repartir ensemble chaque année vers ces régions magiques.

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page mise à jour le 18 novembre 2008 par Claire Thiallier